26 mai 2008
Solitaire sans escale
Paroles et Dessin: Antoine Leroy

Dans le fond de son bar
Derrière le comptoir
Une cigarette roulée
Un nuage de fumée
Pour cacher son visage
Aux allures de mirage
Préserver le mystère
Où souvent elle se perd.
Ses yeux immenses
Une flamme y danse
Tout peut se consumer
Quand on y pense…
Refrain 1
Je commande une bière
A cet oiseau blessé
Elle attend sur la ber-
Ge, elle espère
N’avoir pas à s’mouiller.
Des cheveux de corbeau
La blancheur de sa peau
Une frêle silhouette
Si fragile et fluette
A l’image de son âme
Aux allures d’anagramme
Un joli corps de verre
Où l’on voit à travers.
Ses lèvres closes
Murmurent des choses
Qui pourraient provoquer
Des ecchymoses…
Refrain 2
Je sirote mon verre
Je ne suis pas pressé
Elle est une enfant per-
Due qui espère
N’être jamais retrouvée.
Un bout d’papier
Mots griffonnés
Abandonné au bar
Avant d’filer…
Refrain 3
J’ai fini mon verre
Sans oser lui parler
Elle m’a donné le ver-
Tige, je me perds
A tout imaginer
Refrain 4
Je longe la mer
A bord de l’inconnu
Mélancolie familière
En bandoulière
C’était quand, je n’sais plus…
28 avril 2008
Le vertige d'Edgar
Paroles et Dessin: Antoine Leroy

Par delà la fenêtre, un automne s'enfuit,
Les paysages défilent, juste le temps d’un brouillon
Sous le reflet figé de son air ahuri,
Une ligne de fuite s’évade à l’horizon
Les instants s'égrènent et l'urgence la ramène,
Il voudrait bien crier, comment dire l’indicible,
Dans la foule anonyme mêlant les joies, les peines,
Edgar se démène dans le flou des possibles
Refrain
Dans le vertige des gares
Le tourbillon des êtres
La tête sur l'accoudoir
Les pieds sur la banquette
Quand part le train de nuit
Il fait à son insu
Le deuil de l'infini
Le deuil de l'absolu
Ces gens qui se croisent dans ces noeuds de destins
Dans les gares, sur les quais, dans ce train bercés
Tous ceux dont on devine au détour des chemins
La lueur des maisons le long des voies ferrées
Cette foule fascinante à jamais inconnue
Faute au temps qui filoche, comment tout embrasser,
Comment tout embraser, que l'univers soit nu,
Mais tout le monde s'en fout, s'enfuit en apnée
Refrain
Il sème des idées noires dans son exil
Et les illusions pleuvent en giflant l'habitude
Du wagon deuxième classe où se noue l'idylle
De sa liberté et de sa solitude.
14 avril 2008
Nuit blanche et café noir
Paroles et Dessin: Antoine Leroy
Encore une soirée qui s’achève
Encore une fois le jour se lève
Seulement, l’aurore à contre temps
La tête dans le velours
Les actes et les discours
Du vent, la valeur de l’instant
Tu joues ton existence
A repousser l’échéance, la fin
Est comme une défaite
Le calme après la tempête, plus rien
Tu traînes ta carcasse fatiguée
Et ta peau de bleus léopard
Faudrait voir à te ménager
Ce soir
Tu voudrais vivre à temps complet
Alors que t’es toujours en retard
Il est temps d’aller se coucher
Ce soir, vas pas traîner les bars
Allez Edgar tu es seul
Tu sais bien que c’est casse gueule
De croire, à l’harmonie d’un soir
Tu serais près à te donner
Quand si peu savent te regarder
Dans le noir, comment te recevoir
Tu croises des costards de bureau
Courants vers le premier métro, nerveux
Avec tes yeux tristes et rougis
Tu as l’impression que tu vis plus qu’eux
Refrain
Tu carbures à l’intensité
Dans ta soif de vérité, l’espoir
Que ça puisse te secouer les nerfs
A la recherche de tes frères, tu pars
Tu couches ta carcasse fatiguée
Et ta peau de bleus léopard
Dans tes draps tu te laisses aller
A croire
Que l’on peut vivre à temps complet
Alors qu’on est toujours en retard
Tu rattraperas le temps perdu
Ce soir, on se retrouve au bar.
08 avril 2008
Le temps en emporte tant
Paroles et Dessin: Antoine Leroy
A nouveau je sens la morsure,
De la nostalgie assis sur
Un banc,
Petit bout de néant,
Pliant sous le poids de l’ennui,
Quand la nuit survit
Au blanc,
Cassis que je descends,
Encore ce temps qui passe, sans bruit, sans crier gare
Avec ses grandes aiguilles que je n’peux rattraper
Et je cavale en vain vers un train au départ
Dérivant dans la houle de la foule acharnée
J’aimerais bien avoir le temps de le perdre
Et pouvoir jouer encore au touriste égaré
Pour la désinvolture qui sera ma superbe
Si je perdais le fil amarré aux années
Mais la pendule se joue de moi
Alors je gesticule dans ce monde à l’étroit
Je veux brûler dans ce triste transfert
De la mère à la terre,
A l’intense j’aspire,
De la transe,
J’espère.
L’enfance loin déjà, je ne me résous pas
Je n’ai pas encore l’ha-
Bitude
De ma finitude
Nageur sans combat
Parfois je me noie par là
Situde
Dans mes interludes
Encore ce temps qui passe, sans bruit, sans crier gare
Et je fuis au hasard, hagard quand je survis
Aux secondes qui s’égrènent, semant sur mes trottoirs,
Comme on jette un mouchoir, ma vie en confettis
J’aimerais bien avoir le temps de le perdre
Juste comme ça, pour rien, pour flâner en chemin
Pour se croire éternel et rêver qu’on emmerde
Un instant la faucheuse qui se marre dans son coin
Refrain
Encore ce temps qui passe, sans bruit, sans crier gare
Horloge inexorable qui décompte nos heures
Monte-en-l’air insomniaque grappillant dans le noir
Jusqu’au fond des mémoires, nos plus petits bonheurs
J’aimerais bien avoir le temps de le perdre
Pour le patchwork des envies, pour la boulimie
L’appétit du bordel qui nourrit l’étincelle
Arriver ventre plein au rancart de la fin
Refrain X 2
22 février 2008
La valise
Paroles et Dessin: Antoine Leroy
J’ai pris le bus et voyagé de nuit,
Espérant échapper à la mélancolie,
En dormant un petit peu.
A mesurer la distance qui chaque seconde m’emporte,
Un peu plus loin de ces histoires que j’avorte,
Je n’ai pas fermé les yeux.
J’ai posé ma valise et caressé le chat,
Tu me prends dans tes bras, sur ton front une bise,
Tu as l’air surprise, de me voir dans cet état,
Et réalise que déjà la tristesse fraternise.
Un peu d’humanité et de solitude,
Dans l’intensité, les incertitudes,
Et les actes manqués.
J’ai les yeux qui fuient face à l’évidence,
Les chemins des humanoïdes de mon errance
Font partie du passé.
J’ai posé ma valise et j’ai perdu la joie,
Je ne comprends pas que rien ne cicatrise,
La liberté me grise et me brise parfois,
Quand vient l’heure du choix et que tout rivalise.
C’est l’âge des possibles et des nouveaux départs,
Mais pour arriver où quand on est bien nulle part ?
Quand seul le trajet a de l’importance,
Pour y retrouver un peu d’adolescence,
Des histoires, des rencontres, des aventures humaines,
Le tourbillon de la vie nous emmène,
Mais dans le bus du retour rien ne tient la route,
Rien ne vaut la peine, envahi par le doute.
J’ai posé ma valise, envisageant le poids,
D’un quotidien si froid que tout me paralyse,
De nouveau sous l’emprise du noir que je broie,
Quand l’urgence se noie et que le temps m’épuise.
J’ai posé ma valise, je ne m’en remets pas,
Les visages et les voix peu à peu s’amenuisent,
Il ne me reste en guise de souvenirs de là-bas,
Que des larmes sur mes doigts, dans ma gorge se brise,
Une boule qui dramatise le son de ma voix,
Que tu n’entendras pas…
Epilogue
Paroles et Dessin: Antoine Leroy
J’ai les yeux trempés de lui avoir dit au revoir
On a du abréger, on avait plus de mouchoirs
Au bord des sanglots
On a fait comme si elle partait au boulot
Elle a démarré la voiture en claquant la portière
Elle a jeté pour être sûre un regard en arrière
Dans le rétroviseur
Ma silhouette s’éloigne, a-t-elle senti ma peur
La douleur
On aurait pas du changer les draps du lit
Contrairement à moi, son parfum l’a suivi
La maison est vide
Soudain le silence me parait épais
Maintenant je sais d’où viennent les rides
Elle a fait sa valise
Et m’a pris dans ses bras
J’aimerais qu’elle se ravise
Elle a fait sa valise
Et elle a dit au chat
De ses lèvres exquises
De bien veiller sur moi
Ne t’inquiètes pas m’a-t-elle dit toute émue
C’est la dernière fois, je ne partirai plus
Mais tu as compris (que)
Je veux juste aller voir là bas si j’y suis
Ca pour l’avoir compris, je n’peux pas faire autrement
Je connais cette envie, moi qui suis souvent absent
(ou) Transparent sur le canapé
Elle me parle en vain, perdu dans mes pensées
Je suis loin
Comme moi parfois elle prendra de la distance
Comme à chaque fois s’imposera l’évidence
Peu importe l’endroit
Je sais que chez moi c’est dans le creux de ses bras
C’est chez moi, ou qu’on soit
Elle a fait sa valise
Et m’a pris dans ses bars
Et moi je réalise
Elle a fait sa valise
Et elle a dit au chat
De ses lèvres cerises
De bien veiller sur moi
On est toujours seul, tu le sais comme moi
Même les amis parfois ne nous comprennent pas
Mais la solitude
Quand elle est là prend un peu d’altitude
S’il faut qu’on se quitte pour mieux se retrouver
Je préfère encore ça que de vivre ankylosé
Par le quotidien
Qui nous ferait oublier pourquoi on se tient
La main
Alors voila Titi, tu sais tout maintenant
Le sel de la vie est un peu exigeant
Ca fait du bien de parler (mais)
Je dois rentrer sinon le chat va s’inquiéter
Je le connais, le chat va s’inquiéter
21 février 2008
Fond d'couloir
Paroles et Dessin: Antoine Leroy

On a changé la donne, je me donne à qui voudra,
J’aimerais que ça résonne comme un cri au fond de toi,
J’ai les nerfs qui s’immiscent, la peau n’est pas si dure
Et j’écorche mes doigts à traquer mes fêlures,
Ramasse donc tes ailes qui balaient les trottoirs,
Livré sans mode d’emploi on s‘essaie au hasard.
A traverser des routes qui ne mènent vers nulle part,
A travers ces déroutes, se voir dans le miroir,
A choisir entre toutes les promesses du hasard,
Tout ce que je redoute est au fond du couloir.
Le cœur à la dérive et l’écorce en carton,
Les blessures se ravivent et les corps se défont,
La conscience a un prix, balaie les rêves d’enfance,
Je ne me suis pas remis d’une claque d’adolescence,
J’ai raté mon exil, j’ai gardé mes débris,
J’attends mon transfert vers je ne sais quelle galaxie.
Refrain
Pars devant, on se retrouvera à la fin,
J’vais tenter des détours, longer des ravins,
On comptera les points de sutures dans l’ego,
Quel prix pour nos pauvres peaux ?
Je fuis en roue libre, dopé par l’espérance,
Mes rêves dans les pistons, faut faire le plein des sens,
Ne pas tomber en rade, y’a pas de mécano,
Et dans le pire des cas je finis en vélo.
Refrain x2
29 janvier 2008
Western
Paroles et Dessin: Antoine Leroy
Le sac bien arrimé sur le porte-bagages
Une bise alizée caressant son visage
Edgar met les gaz en visant l’horizon
Une page blanche en guise de mémoire
Sur le goudron brûlant, une plume sans histoire
Envisage l’envergure, l’ivresse et l’abandon
Se remettre en selle le temps de se mettre en scène
Et que naisse un récit, une calligraphie
Comme un lent travelling dans un film de western
Une photographie
Où résonne le chant doux de l’harmonica
D’un Ennio Moricone, il serait une fois
Qui ne serait pas coutume, une seconde en sursis
Dans les grands espaces, poésie d’un détour
Des amours de nomade, épouser les contours
Il savoure… sa virée clandestine
Vers les cirques sereins là où rien ne se trame
Pour l’orgueil de Tolède quand se fond une lame
A l’ombre des marées il s’affranchit des cimes
Se remettre en selle le temps de se mettre en scène
Enivré par l’haleine des rêveries maritimes
Mais déjà il chavire pour la vue aérienne
Des étreintes féminines
Si les langues ne peuvent plus rien se dire de pur
Ou comment posséder le mystère d’une cambrure
De ses doutes sous l’armure il se fait des maximes
Se remettre en selle…
Se remettre en scène…
Un lent travelling…
Un film de western…
Se remettre en selle le temps de se mettre en scène
Voyageur anonyme, étrange condition
Humaine, émotions, éternelles éoliennes
L’avant dans les voiles s’embarquer pour de bon
Le sac bien arrimé sur le porte-bagages
Une bise alizée caressant son visage
Edgar met les gaz en visant l'horizon
13 mai 2007
Tout va trop vite
Paroles : Antoine Leroy
Pas de retour en arrière, juste des plans de carrière,
Des carrières où l’on creuse en y croyant dur comme fer,
Avec la mauvaise conscience des journées inutiles
Aujourd’hui qu’as-tu produit petit, de l’utile au débile.
Tout va trop vite, j’aimerais bien prendre mon temps,
Tout va trop vite, on est mort avant d’être vivant,
J’ai pas le temps de cuver ma cuite.
Et les passants pressés, stressés d’être speedés,
Qui s’acharnent à s’arracher, ne sachant plus où chercher,
Et le saint numérique nous tète à haut débit,
Les méninges nostalgiques gisant gelées au cagibi.
Tout va trop vite, j’aimerais bien prendre mon temps,
Tout va trop vite, on est mort avant d’être vivant,
J’ai pas le temps de cuver ma cuite.
Pas de retour en arrière, juste des plans de carrière,
Faut toujours arracher son p’tit lopin de terre,
Qui nous verra crever avant qu’on ait fini
De payer le crédit… Petit
12 mai 2007
Le phare
Paroles et Dessin: Antoine Leroy

J’ai pétri des histoires sans Vénus de mélo,
A flâner dans le noir des fumées de bistrots,
Où des voix sans issue à travers les halos
Ont perdu tout espoir de se perdre à nouveau.
Peut-être qu’ailleurs, loin des mains automates,
Au creux des grands ravins, l’orchidée délicate,
Contre temps et marées, offre aux pauvres ermites
Patte blanche alcoolisée, leur pureté maudite.
S’enivrer les viscères, le spleen au bord des lèvres,
Immersion volontaire dans la chaleur des fièvres,
La tête chavirant du haut de son vertige,
Les mains battant le vent, improbables rémiges.
Dans l’urgence macabre des destins trafiqués,
Les droites se cabrent, s’agitent, affolées,
Au bord de l‘abîme, poussières d’éternité,
La quintessence intime au parfum exalté.
Je m’éveille au matin des vapeurs vénéneuses,
Chiffonnées dans mes poings, des pensées nébuleuses,
Un fanal inconnu brille encore dans mon âme,
Phare d’un rocher perdu ou du port d’Amsterdam ?













